Emmanuelle RAMONDETTI
Présidente de l'ANDRH Provence

Le 25/01/2011

Emmanuelle RAMONDETTI Emmanuelle RAMONDETTI, vous êtes Responsable de la Formation et DRH adjointe au Ballet National de Marseille et à l'Ecole Nationale Supérieure de Danse de Marseille, élue nouvelle présidente de l'ANDRH Provence, vous organiserez lors du rendez vous de la RSE et de ses innovations se déroulant le 31 mars un atelier sur la pénibilité et dans cet interview vous nous faites part des points majeurs faisant partie de la RSE que vous avez développés dans votre entreprise, vous nous rappeler le rôle de l'ANDRH, la première préoccupation des DRH cette année ? les projets de l'ANDRH et revenez sur les enjeux de cet atelier sur la Pénibilité.....

Quelques chiffres :

- Ballet National de Marseille : dirigé par Monsieur Frédéric FLAMAND, 65 salariés dont 32 danseurs, 65 représentations par an, en France et à l'étranger,
- Ecole Nationale Supérieure de Danse de Marseille : dirigé par Monsieur Jean-Christophe PARE, 27 salariés, une centaine d'élèves allant de 8 ans à 18 ans,

1 Quelles sont les points majeurs faisant partie de la RSE que vous avez développés dans votre entreprise ?

En 2005/2006, nous avons mis en place un dispositif afin de préparer les danseurs à leur fin de carrière. En effet, la carrière d'un danseur est courte, elle commence en général à l'âge de 20 ans pour se terminer entre 35/40 ans. La raison principale est l'usure du corps. De même une blessure physique importante peut entraîner la fin subite de la pratique du métier. Nous avons donc mis en place un dispositif d'aide à la définition d'un projet professionnel de seconde carrière. Annuellement, ils bénéficient d'un entretien annuel de développement professionnel afin de faire un point sur leur carrière et de les aider à envisager l'avenir de l'après carrière de danseur. Au départ nous avons fait appel à un cabinet de consultant (Retravailler Provence) qui était chargé des entretiens individuels et de les amener à définir un projet de seconde carrière. Nous avons demandé à la DDTEFP (aujourd'hui la DIRRECTE) de nous aider à financer ce dispositif. Nous avons signé avec la DDTEFP une convention GPEC nous permettant une gestion à plus long terme des compétences existantes. A la suite de cela un danseur a été reclassé en interne en tant que régisseur de la danse. Pour les autres, il y a eu de nombreuses reconversions comme assistante maternelle, fleuriste, professeurs de pilates, infirmier etc...
Il faut savoir que dans le spectacle vivant, la reconversion était jusqu'à maintenant un sujet tabou, ce n'était pas quelque chose auquel les danseurs étaient préparés et pour la plupart, avaient des niveaux d'étude inférieurs au bac. Aujourd'hui, les cursus en école professionnelle de danse permettent de suivre sa scolarité jusqu'au bac. Le danseur a une sensibilité artistique et il donne tout son être à cet art. A aucun moment il ne pense à la fin. Il aura été sous les feux de la rampe pendant au moins 20 ans et ce très jeune. D'où une difficulté à effectuer un deuil de ce métier. C'est pour cela également que nous avons fait appel à des psychologues du travail.
Nous n'avons pas pu reconduire cette convention, mais nous avons conservé un budget afin de financer des bilans de reconversion se déroulent en général sur 30 heures. A la suite de ce bilan, le danseur peut bénéficier d'une formation longue, soit pour partir ensuite soit pour préparer un projet professionnel en amont. Aujourd'hui, c'est rentré dans les mœurs. La plupart des danseurs, à un moment donné, viennent se renseigner pour savoir quelles formations ils pourraient suivre pour pouvoir préparer leur reconversion.

2 Vous avez été élue nouvelle présidente de l'ANDRH Provence, pouvez vous nous rappeler le rôle de l'ANDRH ?

L'ANDRH regroupe près de 5 000 membres au niveau national répartie en 80 groupes locaux sur l'ensemble du territoire, regroupant tous les secteurs de la vie économique, les entreprises et organismes publics et privés de toutes tailles. Elle représente la plus grande communauté de professionnels des Ressources Humaines et reste l'acteur de référence dans le débat RH. L'ANDRH travaille notamment en collaboration avec les experts, les partenaires sociaux, les pouvoirs publics...et assure également une présence internationale forte et pérenne.
Forte de ses 150 membres, l'ANDRH Provence est le 2ème groupe de France par ses effectifs. Reconnu nationalement pour son dynamisme, nous avons fêté nos 50 ans d'existence en 2009.
Nous nous réunissons mensuellement autour d'un thème directement lié à la fonction Ressources Humaines et touchant d'une manière extrêmement variée tous les aspects de la fonction.
L'ANDRH PROVENCE a également noué des liens privilégiés avec les groupes locaux du CJD, des DCF, de la DFCG, de l'AFJE et du GARF ainsi qu'avec l'Union Patronale locale.
L'ANDRH PROVENCE co-organise chaque année une manifestation internationale avec le groupe ANDRH Côte d'Azur et les groupes AIDP de Gênes-Ligurie et du Pièmont (Italie).
En 2010, l'ANDRH Provence a organisé le 16 octobre le colloque franco-italien à Bandol sur le thème de la mobilité en Europe.

3 Selon l'ANDRH, quelle est la première préoccupation des DRH cette année ?

L'impact de la réforme des retraites est l'une des premières préoccupations des DRH cette année.
En effet, outre les aspects de gestion de fin de carrière, les DRH vont devoir également négocier sur la pénibilité et sur l'égalité homme / femme sous peine de sanction financière à partir du 1er janvier 2012.
De cette réforme, ressortent également des thèmes transversaux :
  • les conditions de travail,
  • le nouveau rôle du médecin du travail et plus exactement des services de santé au travail (SST),
  • la GPEC au service d'un allongement des durées de carrières,
  • gérer l'inaptitude et l'invalidité au sein de l'entreprise.

Globalement, on assiste à une augmentation des pénalités sociales (handicap, séniors, pénibilité et égalité homme/femme) en cas de manquement à l'objectif sociétal imposé par le législateur.
Ce sont des nouvelles obligations qui demandent aux DRH d'être au fait des obligations législatives et de mettre en œuvre de nouvelles stratégies.

 

4 Quels sont vos projets ?

Nous envisageons d'aborder tout au long de cette année, ces thématiques, permettant ainsi aux DRH d'échanger et de préparer leurs négociations et leurs réflexions quant aux changements organisationnels que cette réforme impulse.

Mais plus précisément, le 27 janvier, nous organisons au SUFA - Université de la Méditerranée (Jardin du Pharo) à 18h, une réunion sur le thème de : "La Réforme des retraites : 2 ans de plus, un vrai défi pour les séniors". Outre l'aspect juridique de la loi portant réforme des retraites, seront également abordés les aspects de retraite complémentaire et supplémentaire, et d'épargne salariale pour la retraite. Puis nous entendrons le témoignage d'une entreprise sur la mise en place d'une politique de gestion des seniors.

Le 17 février, nous serons à l'IAE d'Aix-en-Provence pour aborder le thème de la GPEC et l'allongement des carrières. Le 1er défi lancé aux entreprises sera de gérer l'allongement réel de la durée d'activité des salariés. Les dynamiques de carrières vont en effet être impactées. Les salariés passeront plus de temps dans leurs postes et attendront plus longtemps pour une éventuelle évolution, les autres postes se libèreront moins vite. Donc frein des évolutions de carrière qui peut vite devenir un facteur de frustration et de démotivation.


D'autres réunions seront prévues, dont une notamment prochainement portant sur l'égalité homme/femme.

5 Quelles sont les enjeux de cet atelier sur la Pénibilité ?

L'objectif est de savoir comment identifier la pénibilité et comment améliorer les conditions de travail.
En effet, la prévention de la pénibilité est renforcée grâce à deux mesures :

  • La réforme des services de santé au travail : la prévention de la pénibilité a été inscrite au cœur de leurs missions,
  • Les entreprises seront également contraintes, sous peine de pénalité, de négocier des accords ou à prévoir des plans d'action en matière de prévention.

L'idée est également d'identifier les facteurs de pénibilité : les astreintes de la vie au travail (le travail de nuit, horaires décalés), les environnements toxiques et cancérogènes, les très gros efforts physiques (charges lourdes, postures difficiles, vibrations, secousses, fortes chaleurs) et la santé fragile (réaménagement de poste, mi-temps thérapeutiques, restrictions d'aptitude, invalidité).

Pour ce faire, nous sommes ravis de travailler avec ACT Méditerranée sur ce sujet.


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