Cathy SCHERRER
Déléguée Régionale PACA & Corse du Groupe AFNOR

Le 03/11/2010

Cathy SCHERRER Cathy SCHERRER, vous êtes la Déléguée Régionale PACA & Corse du Groupe AFNOR. vous nous expliquez, comment est née l'ISO 26000 qui vient d'être publiée, ses objectifs ; vous nous dites pourquoi la certification n'a pas été retenue comme outil de reconnaissance, l'incidence de ce choix sur la crédibilisation des démarches RSE ? Et vous nous faites part de son coût ...

Pouvez-vous nous rappeler comment est née l'ISO 26000 ?

La norme ISO 26000 est née d'une demande initiale des consommateurs qui ont saisi l'ISO (Organisation internationale de normalisation qui rassemble plus de 160 pays) afin de disposer de repères partagés au niveau international sur la définition de la responsabilité sociétale.

Depuis le début des travaux en 2005, la mobilisation autour de cette norme n'a fait que croître et plus de 500 experts de 99 pays et d'une quarantaine d'organisations internationales telles que l'OIT, l'OCDE, le GRI, ... ont ainsi été directement impliqués dans l'élaboration de cette norme.

En France, des centaines d'acteurs (grandes entreprises, PME, ONG, syndicats, collectivités, pouvoirs publics, enseignants, chercheurs, consultants, ...) ont été également largement impliqués dans le développement de cette norme. A ce titre, je citerai l'exemple du Réseau ISO 26000 PACA piloté par le PRIDES Eco-entreprises & développement durable, co-animé par AFNOR qui a associé durant 3 ans une quarantaine d'acteurs régionaux dans ces travaux.

Après 5 années de négociation et une mobilisation sans précédent, les membres de l'ISO, dont AFNOR est le représentant français, viennent d'adopter, à une très large majorité, le texte de la norme ISO 26000, unique norme internationale qui vise à fournir aux organisations les lignes directrices de la responsabilité sociétale.

Quel est l'objectif de cette norme pour les entreprises ?

Pour les entreprises, ou d'une manière plus générale pour les organisations (entreprises, collectivités, associations, syndicats, ...), l'objectif de l'ISO 26000 est de disposer d'un même éclairage sur ce qu'est la responsabilité sociétale et ce qui est attendu par les différents acteurs d'une organisation responsable.

De part la richesse et la diversité des sujets traités dans cette norme (que l'on peut apprécier notamment au travers des 7 questions centrales : gouvernance de l'organisation, droits de l'Homme, relations et conditions de travail, environnement, loyauté des pratiques, questions relatives aux consommateurs et enfin implication auprès des communautés et contribution au développement local), l'entreprise trouvera dans ce document des recommandations, les thèmes incontournables, des pistes de réflexion et questionnements qui l'aideront à construire et structurer sa démarche de responsabilité sociétale.

Toutefois, s'agissant d'une norme à vocation universelle, elle apporte un cadre de référence, des lignes directrices mais ne fournit pas de réponses directement opérationnelles. A ce titre, soulignons l'initiative de certaines filières comme la Communication par exemple ou de certaines fonctions de l'entreprise comme la fonction Achats qui ont souhaité traduire les recommandations de l'ISO 26000 dans leur contexte afin de disposer de réponses opérationnelles dans leur filière ou métier.

Pourquoi la certification n'a t'elle pas été retenue comme outil de reconnaissance ? Quel est l'incidence de ce choix sur la crédibilisation des démarches RSE ?

Il a été décidé très tôt que cette norme présenterait des lignes directrices, des grandes orientations à suivre et non des performances à atteindre. En effet, s'agissant d'une norme à vocation universelle, les pratiques ainsi que l'expression de la performance de chaque organisation (entreprise, ...) peuvent être très différentes et dépendent du contexte de chacune.
Ce choix a conduit à écarter la logique de certification qui implique une vérification de conformité par rapport à des exigences.
La prise en compte de la responsabilité sociétale ne peut faire appel à un jugement binaire de type « une entreprise est responsable » ou une « entreprise n'est pas responsable ».

Bien entendu se pose alors la question de comment évaluer, reconnaître ou faire reconnaître les démarches et pratiques des entreprises en matière de responsabilité sociétale selon l'ISO 26000 ?
L'évaluation du niveau de maturité d'une organisation, réalisée dans un contexte donné, pour faire reconnaître ses efforts tout en s'inscrivant dans une dynamique de progrès apparaît comme une solution alternative pertinente.
C'est l'approche qui a été retenue par le Groupe AFNOR avec AFAQ 26000 (ex AFAQ 1000NR mise en œuvre depuis 2007), évaluation tierce partie qui mesure le degré d'intégration des principes de responsabilité sociétale au sein de l'organisation.

Combien coûte la mise en œuvre de l'ISO 26000 ?

La véritable question est le coût de la non prise en compte des principes de la responsabilité sociétale dans les pratiques et activités de l'entreprise. Mettre en œuvre une démarche RSE ISO 26000 est un investissement au service de la performance dont le coût est lié à la mise en œuvre du projet responsabilité sociétale pouvant faire l'objet d'une reconnaissance externe lors d'une évaluation de type AFAQ 26000 (coût de l'évaluation variable d'une organisation à une autre en fonction de différents critères (effectifs, nombre de sites, ...).


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